Mort d'André Courrèges, retour sur l'histoire du mythique couturier et de sa maison

André Courrèges, créateur de la maison éponyme
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Le 7 janvier a été marqué par la mort d'André Courrèges, fondateur de la mythique maison française qui portait son nom. Tel un ovni de la mode, le créateur et sa vision disparaissent quand sa maison prend un nouvel angle

Alors que la fashion sphère s'agite avec les départs d'Alber Elbaz, emblématique directeur artistique de Lanvin, de Raf Simons de Dior ou la folle rumeur qui touche Hedi Slimane chez Saint Laurent, elle perd l'un de ses visionnaires en la personne d'André Courrèges. Vif, plein de nuances mais déterminé, André Courrèges a lancé sa maison en 1961 avec sa femme, Coqueline. Si l'on qualifie d'ovni la maison Courrèges, c'est pour sa capacité à bouleverser, renverser et réinventer les codes mode bien installés par d'autre maisons dans les 50's et 60's. André Courrèges insuffle un vent de liberté chez les femmes avec des coupes droites mais qui suivent les mouvements du corps, avec une femme qui devient de plus en plus active. Tel un ouragan créatif, il se jette dans la fosse avec des collections qui se font remarquer pour leur inventivité et leur modernité. Les 60's font l'avènement de la mini jupe, révolution mode incontestable, mais pour André Courrèges la simplicité n'a pas sa place. C'est en 1964 avec sa collection Moon Girl que le créateur et sa maison explosent aux yeux des pros de la mode avec des combi-pantalons, des robes à la longueur nouvelle et des accessoires aux matières étonnantes.

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Dans un reportage de l'INA, visible ci-dessous, on comprend l'attachement d'André Courrèges à la ligne architecturale du vêtement, sans pour autant oublier le corps qui s'y agite. Le caractère visionnaire est en marche mais pas seulement dans ses coupes, la véritable modernité de Courrèges est de faire du futur son présent. Faire de la femme une icône en chaque pièce est sa force et son œil aiguisé lui permet de penser des coupes avec des règles géométriques, tel un peintre d'avant-garde. Les détails ajourés deviennent un leitmotiv, tout autant que les empiècements de couleurs que l'on voit notamment dans les archives, ci-dessous, datées de 1970. Courrèges dévoile la femme avec une subtilité nouvelle, jamais vulgaire, toujours empreinte de légèreté. Les matières se veulent novatrices et franches avec du PVC, du vinyle, qui se posent avec équilibre. La femme Courrèges est une discrète séductrice qui suggère avec des robes qui ne marquent pas la taille, les genoux sont dévoilés pour donner à voir sans abuser et la poitrine est montrée par touches. Une révolution qui s'anime dans des vêtements venus comme d'un autre temps, pas encore connu.

La maison Courrèges se diversifie avec des lignes de cosmétiques, de parfum, que l'on connaît aujourd'hui mais semble se perdre dans les années 80. Un flou notamment dû aux multiples changements du marché mode qui se veut extrêmement abstrait milieu 80 et très prononcé début 90 avec le mouvement Anti-fashion, notamment. Ce n'est pas une disparition mais un moment off qui retrouve un regain, avec deux collections de Castelbajac milieu 90 dont la vision pop touche André Courrèges. Cela ne suffit pas et 2002 signe la fin de la Haute Couture avec une dernière collection. Pour relancer Courrèges, il faudra attendre l'arrivée du duo Arnaud Vaillant et Sébastien Meyer en 2015, pour que l'on retrouve l'esprit de l'apogée Courrèges. Miser sur la jeunesse à l'extravagance maîtrisée, tel un Demna Gvasalia qui arrive chez Balenciaga, est la clé pour retrouver une folle audace avec des vestes colorées surmontant des bodies, des mini-jupes trapèzes qui reprennent fièrement les premières lignes Courrèges. Le tout nous rappelle les intentions de mettre à vue un corps libre de la femme dans des vêtements structurés, tel que les pensait André Courrèges. L'héritage est là et se vérifiera sûrement à la prochaine collection.

Source : courreges.com/courreges/ https://www.instagram.com/courreges/ http://fresques.ina.fr/ - Crédit : Courrèges
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